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Amour et TCA

Notre civilisation post-moderne valorise l’opulence, la réussite, l’individualisme, les corps minces et musclés. Autant d’éléments qui caractérisent la société d’hyper-consommation. Tout, même les corps sont objectifiés, et l’être à travers eux est ramené à un objet malléable conditionné pour consommer. Dans ce contexte, quelle place reste-t-il pour l’amour ? L’amour de soi est-il encore possible pour une personne souffrant de troubles du comportement alimentaire (TCA) ?

Un environnement anxiogène

Tout va très vite. Le temps semble s’être accéléré. La performance est devenue un objectif. Performance. Réussite. Qualificatifs qui se traduisent par l’image que chacun renvoie. Image sur laquelle autrui juge. Image qui doit donc être contrôlée. Image optimisée sur les réseaux sociaux et autres médias. Mais quelle place reste-t-il à l’humain ? Aux sentiments ?

Entre les tentations sans cessent aiguisées par la publicité, les emballages, les aliments conçus pour être irrésistibles, voire addictifs, et leurs croyances alimentaires, leur raison, les individus se trouvent confrontés à une cassure. Résister à la tentation génère un stress important, un chaos mental où les repères semblent flous et inaccessibles. Cette intention de maîtriser son corps par son comportement alimentaire ouvre la voie à la restriction cognitive et aux TCA.

L’humain n’est pas qu’un corps

Ramener ce que nous sommes à notre enveloppe charnelle est extrêmement réducteur. Nous sommes, certes, ce corps mais pas seulement. Le corps sans notre personnalité, sans notre âme et notre esprit n’existe pas. Les cellules, les tissus, les organes sont indispensables, mais nous ne sommes pas que cela. Sinon nous serions seulement un objet. Un robot. Une IA. Nous, humains, nous sommes bien plus que cela. Nous sommes vivants ! Nous pensons. Nous éprouvons des sentiments. De la joie. De la tristesse. Nous avons des valeurs. Quelles sont les vôtres ? Prenez le temps de réfléchir à vos valeurs. L’amour en fait-il partie ? Comment le définiriez-vous ?

L’amour selon 1 Corinthiens 13

Ce texte résonne en moi. Il explique l’amour. Il démontre l’amour.

1 En effet, si je parlais les langues des hommes et même celles des anges mais sans avoir l’amour, je ne serais rien de plus qu’une trompette claironnante ou une cymbale bruyante.

Si j’avais des prophéties, si je connaissais tous les secrets et si je possédais toute la connaissance, si j’avais même dans toute sa plénitude, la foi jusqu’à transporter les montagnes, sans l’amour, je ne serais rien.

Si même je sacrifiais tous mes biens, et jusqu’à ma vie, pour aider les autres, au point de pouvoir m’en vanter, sans l’amour, cela ne me servirait de rien.

L’amour est patient, il est plein de bonté, l’amour. Il n’est pas envieux, il ne cherche pas à se faire valoir, il ne s’enfle pas d’orgueil. Il ne fait rien d’inconvenant. Il ne cherche pas son propre intérêt, il ne s’aigrit pas contre les autres, il ne trame pas le mal. L’injustice l’attriste, la vérité le réjouit.

En toute occasion, il pardonne, il fait confiance, il espère, il persévère. L’amour n’aura pas de fin.

Des mots comme patience, pardon, espoir, persévérance sont bien souvent oubliés. Envers soi. Envers les autres. Ils apportent la douceur, la paix, le réconfort. Ils pansent les plaies. Ils soignent. L’amour peut tout. L’amour est tout. L’amour vrai est éternel.

Alors, oui, l’amour peut aider à guérir d’un TCA. Ce corps autrefois détesté est le plus beau cadeau. Il est la vie. Amour de cette enveloppe charnelle. Amour de soi.

Bibliographie

Diététicienne-Nutritionniste spécialisée en TCA

Laurence MYR est diététicienne-nutritionniste D.E., spécialisée dans les troubles du comportement alimentaire (TCA), et experte de justice en diététique près la Cour d’appel d’Agen. Maître ès sciences de la consommation et de l’alimentation.