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Conseils pour Bien se Nourrir Pendant le Confinement

Alors que le confinement est parfois à l’origine de changements dans nos habitudes alimentaires, Laurence Myr, nutritionniste diététicienne diplômée d’État et naturopathe, a accepté de répondre à nos questions.

Une interview menée par Barbara Azaïs pour le site Pourquoidocteur du 02/04/2020

Pourquoi Docteur

La période de crise que nous traversons peut influer sur nos habitudes alimentaires. Le stress lié à la peur d’être malade ou d’avoir un proche contaminé, les tensions, l’ennui ou encore l’oppression ressentis pendant le confinement, de même que la charge mentale liée au cumul du télétravail et des devoirs des enfants, sont autant d’émotions négatives que l’on tente parfois d’apaiser en grignotant. Comment se nourrir en de pareilles circonstances ? Laurence Myr, nutritionniste diététicienne diplômée d’État et naturopathe, a accepté de répondre à nos questions.

Certaines personnes tuent le temps ou l’anxiété en grignotant davantage pendant le confinement. Comment expliquer ce besoin de compenser un manque (ou une frustration) par la nourriture ?

A partir du moment où le bébé traverse l’épreuve difficile de la naissance, un des premiers éléments qu’il rencontre est l’alimentation (au sein ou au biberon). C’est un élément rassurant, il y trouve un réconfort. La prise alimentaire est un moment durant lequel le nouveau-né ressent du bien-être, qu’il soit au sein de sa mère, ou au biberon avec le papa. C’est un moment d’intimité et de réconfort que certaines personnes auront besoin de retrouver tout au long de leur vie ou plus spécialement lors d’un événement négatif.

Comment lutter contre le grignotage ?

Mon approche thérapeutique s’éloigne de la notion de jugement : je suis pour un confinement déculpabilisant. La situation est transitoire, nous sommes dans une période qui demande de l’adaptation, l’Homme n’est pas fait pour être confiné et certains vivent dans des conditions très difficiles. Leur ajouter une pression supplémentaire liée à leur alimentation serait de trop. Donc plutôt que de voir le côté négatif, il faut l’accepter et trouver des activités annexes pour remplacer le sentiment qui donne envie de grignoter. Il est important de se faire plaisir, ce qui est différent de succomber à ses émotions.

Beaucoup de personnes ne se font pas plaisir, mais répondent à un instinct primaire. Je m’explique : le lait maternel, qu’importe sa provenance, est riche en sucre, en sel et en gras. Ces trois éléments sont indispensables à l’humanité. Lorsque l’on cède à un grignotage compulsif, on a tendance à consommer des produits trop sucrés, trop salés ou très gras, pour compenser. Le sentiment de satisfaction est alors éphémère, il ne dure pas. Et souvent on en veut plus. Ce n’est pas un plaisir, mais un instinct primaire. Dans ma pratique, j’apprends à des patients à déguster un carré de chocolat en 30 minutes. J’ai vu des personnes perdre du poids en travaillant uniquement sur ces instincts primaires. Cette période de confinement est peut-être l’occasion d’observer sa pratique alimentaire, sans se juger, et au besoin, de la corriger.

Quels produits consommer pour diminuer l’anxiété et le stress ?

Les aliments riches en vitamine C : lorsque l’on stress, on libère des radicaux libres que la vitamine C peut piéger. C’est aussi un antioxydant, mais le corps n’en stocke pas, il est donc essentiel d’avoir un apport journalier. Pour cela, privilégiez une consommation de fruits et légumes crus, car la vitamine C est thermosensible et meurt lorsque la température augmente. Je précise aussi, que plus le produit est frais et moins il a transité pour arriver jusqu’à nous, plus nous avons de chance d’avoir un végétal riche en vitamine C. Il est donc peut-être préférable de se tourner vers les producteurs.

Quels aliments faut-il privilégier pour renforcer l’organisme et avoir plus d’énergie ?

Les fruits et légumes crus, toujours, et il est important de boire de l’eau pour drainer, détoxiquer et détoxifier. Il est aussi recommandé pour avoir plus d’énergie de limiter sa consommation de viande, tout simplement parce qu’elle est difficile à digérer et que sa digestion fatigue l’organisme. A choisir, privilégiez la viande blanche et limitez-vous à 200g maximum de viande rouge par semaine. Des produits issus de l’agriculture biologique contiennent forcément moins de produits phytosanitaires que ceux issus de l’agriculture traditionnelle, donc le corps aura moins de matières toxiques à éliminer. Néanmoins, manger bio à un coût et n’est pas à la portée de toutes les bourses. Donc manger local et de saison est déjà bien.

J’en profite pour donner quelques conseils essentiels liés aux courses en cette période de crise sanitaire : il est important de se laver les mains en rentrant, de laisser les courses deux ou trois heures dans un endroit frais, à l’air libre, avant de les ranger. Puis de jeter le maximum d’emballages et enfin, de se laver les mains à nouveau.

En quoi travailler sur l’intimité d’une personne favorise-t-elle des changements alimentaires positifs ?

L’alimentation est quelque chose de très intime. En séance, les patients abordent parfois des sujets qui semblent ne pas avoir de lien avec leur alimentation : je pense à une dame qui m’a raconté avoir perdu sa cousine dans un accident dont elle est sortie vivante. Ce drame avait un lien avec sa pratique alimentaire. Nous avons tous une alimentation personnelle, en fonction de notre histoire, de notre éducation, des habitudes inculquées par les parents ou des événements que l’on a vécu. Je suis sensible à cet aspect psychologique car je vois les résultats spectaculaires qui y sont associés. C’est pour cette raison que je propose un accompagnement personnalisé, c’est au cas par cas. On travaille en profondeur, sur le rapport à l’alimentation de la personne, sur ses besoins, ses pulsions, ses envies, ses craintes, etc.

Laurence MYR

Diététicienne nutritionniste Diplômée d’État et Naturopathe N.D. - D.U. Nutrition de l'Obésité et Conséquences Métaboliques, D.I.U. Troubles du Comportement Alimentaire (TCA) et DPC Diabète (DT2)

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