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Évolution de l’Alimentation sur les 70 Dernières Années : Quels Choix ?

Si l’alimentation est une préoccupation des français pour leur santé, il y a 60 ans, il en était de même, bien que les interrogations fussent différentes. Les femmes prenaient à cœur leur rôle de maîtresse de maison devant nourrir leur famille. L’offre de l’industrie agro-alimentaire était quasi inexistante. Le savoir-faire culinaire très développé.

Or notre société occidentale est en pleine transformation. Entrainant dans son sillage une mutation de la consommation alimentaire.

L’alimentation a toujours joué un rôle majeur dans la construction des sociétés

L’industrie agro-alimentaire s’est progressivement développée et a fait exploser les ensembles culturels préexistants. L’introduction d’éléments nouveaux, tels que le réfrigérateur, puis la facilité d’usage et autres, a bouleversé nos modes alimentaires. Dans leur sillage, un appauvrissement irréversible des cuisines locales, des variétés produites et consommées. Les quelques différences dérisoires dans les rayons des grandes et moyennes surfaces enthousiasment et rassurent les chantres de la modernité, nous assurant que la diversité des cultures n’est pas menacée, seulement en train de se recomposer.

Au cours des trois ou quatre dernières décennies, l’offre alimentaire s’est radicalement transformée : les aliments sont devenus des produits de consommation et les hommes des consommateurs.

Accaparé par ses activités l’homme moderne n’accorde que peu de temps et donc d’importance, à ses prises alimentaires

Pourtant le rôle de ces prises ne se limite pas à la couverture des besoins physiques et métaboliques. Cet acte est générateur de symbolisme, de vie sociétale, de culture, mais également de couverture de besoins psychologiques et sociologiques, aux conséquences globales y compris écologiques et environnementales.

Le repas tend lui-même à disparaitre. L’acte alimentaire peut se faire à toute heure du jour et de la nuit. Le grignotage, la prise alimentaire compulsive et autres TCA augmentent.

Tout cela se traduit dans nos sociétés postmodernes, par une alimentation qui devient rapide, individualisée. On consomme en marchant, en voiture, devant un écran. On mange par automatisme. De plus en en plus vite.

Les gras et sucres sont devenus omniprésents. D’où une alimentation trop riche dont la surcharge pondérale et les maladies de la nutrition (diabète, cholestérol, constipation et bien d’autres) sont parmi les conséquences directes.

L’une des premières préoccupations de l’agroalimentaire et de la restauration collective est la standardisation des produits de bout en bout de la chaine. Autrement dit, le principe d’assurer une éventuelle qualité des aliments conduit à les standardiser.

Et le goût se perd. Nos palais nourris de sucre, de gras et de sel, oublient la saveur des aliments naturels. Ainsi conditionnés, chaque jour un peu plus, les aliments non transformés industriellement sont évincés. Jusqu’à disparaitre. Le consommateur ne les aime plus.

Il n’y a pas de saison, pour les produits fabriqués par l’industrie de l’agro-alimentaire

Ils sont disponibles toute l’année. Partout. Il n’y a pas de limites à cet impérialisme au prix : des forêts de la planète pour obtenir des hectares d’huile de palme, des océans qui se vident, des espèces marines et terrestres qui disparaissent. Tant dans le règne animal que végétal, nous sommes face à une extinction massive.

L’industrialisation de toute la chaîne alimentaire a entraîné une distanciation progressive de l’homme avec sa nourriture. La réalité est bien que l’on ne sait ni où, ni comment sont produits les aliments qui arrivent dans notre assiette. Et, par là, suspects. A l’image des OGM, qui se sont retrouvés sur la table des consommateurs sans qu’ils en soient avertis. Mettant ainsi les populations devant le fait accompli.

Or, nous sommes constitués de ce que l’on mange ; le problème étant que, à l’heure actuelle, « On ne sait plus ce que l’on mange ! » malgré un étiquetage toujours plus détaillé.

Face à l’ensemble de ces mutations et de leurs répercussions, le diététicien est devenu l’interlocuteur privilégié. Il doit se préoccuper de ces mutations pour comprendre l’alimentation des personnes bien portantes ou malades. Il est également disponible pour éclairer, aider, guider les consommateurs que nous sommes.

Sud-Ouest

Laurence MYR

Diététicienne nutritionniste Diplômée d’État spécialisée - D.U. Nutrition de l'Obésité et Conséquences Métaboliques, D.I.U. Troubles du Comportement Alimentaire (TCA) et DPC Diabète (DT2)

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